La Gazette est de sortie ce vendredi 12 avril : Eric, Laura, Morgane, Alexis, Fred, Sandie, et Aude (moi-même) avons la joie de visiter la Fondation Carmignac la veille de sa réouverture au public pour la saison 2019. Nous voici sept flamants roses à mettre le cap sur Porquerolles. Depuis le port nous rallions le portail de la Fondation après à peine 15 minutes de marche. La circulation faite de quelques piétons, cyclistes et de rares véhicules motorisés sur la piste sous les pins parasols, ça suffit à créer un petit air de vacances !

A  l’entrée de la Fondation le visiteur doit laisser son sac à dos (sacs à mains autorisés) et ce qui pourrait l’encombrer dans des consignes abritées par la végétation, au milieu du parking à vélo. Il est à noter que les chiens ne sont vraiment, vraiment pas admis sur l’ensemble de la propriété, même en extérieur. Du coup Alexis reste admirer le portail avec son gentil toutou. Il témoigne : « le portail est beau ». On confirme.

C’est donc légers et plus que 6, que nous remontons l’allée boisée jusqu’à un arrêt tisane, étape obligatoire pour se mettre en condition. Petits gobelets recyclables, deux jarres pleines d’un liquide un peu vert, un peu jaune… et froid, qui surprend mais se laisse boire. A chacun de découvrir de quoi il est fait. Premier coup d’oeil sur le mas provençal repensé, « réarchitecturé ». C’est sobre, grand, apaisant.

Visite intérieure

Une imposante sculpture en bronze mi tête-de-mort mi monstre marin accueille le public sur son parvis. Premier effet pour Morgan : « Quel accueil! Majestueux, monumental. l’Alycastre m’hypnotise et m’attire vers ce qui semble être l’entrée d’un labyrinthe minoen ». Nous ne sommes qu’au début de maintes surprises sensitives. Une fois entrés dans la villa un second stop est obligatoire pour se déchausser. C’est pas négociable, ça fait partie de la visite. C’est donc pieds nus que nous commençons un parcours souterrain baigné de lumière. Un grand escalier blanc, un cordage bleu qui semble devenir végétal en guise de fil d’Ariane et nous arrivons au sous-sol.

Déjà happés, nous flânons dans les (grands) espaces où l’on se sent bien. D’énormes coussins posés au sol, bien confortables, invitent à une contemplation reposante.

Sandie est interpellée : « les œuvres sont présentées sans le nom de l’auteur, sans titre et sans cadre ». C’est intentionnel, le visiteur arrive ainsi devant l’oeuvre brute, à regarder pour elle-même. Ca génère des impressions, des questionnements-réflexe, personnels. Deux carnets (un pour l’extérieur, un pour l’intérieur, très bien faits et gratuits), apportent toutes les informations nécessaires à qui en cherche. Ne pas oublier de s’en munir à l’accueil.

L’équipe est unanime (mis à part Alexis qui regarde le portail avec le chien) à propos du plafond d’eau, puits de lumière et point d’équilibre du parcours. Se placer en-dessous c’est le spot idéal pour découvrir l’agencement de l’espace en forme de croix romaine. « De là le regard s’arrête sur chaque  œuvre et profite des effets visuels dus au mélange eau-lumière. » explique Fred, avec son œil avisé de photographe.

Un lave-linge, des œufs au plat, de l’abstrait…

Nous prenons des escaliers qui servent à la fois à monter à l’étage et de support pour une œuvre constituée de plaques d’aimant, de chaussure et de fer. Nous rejoignons ainsi accompagnés l’exposition temporaire intitulée « La Source »*.

Si en sous-sol les œuvres sont abstraites voire énigmatiques, leur approche reste aisée pour la plupart, y compris pour des néophytes en art contemporain. A l’étage c’est, comment dire… un autre registre. Disons qu’il y ceux à qui ça parle et ceux à qui ça parle pas, ou moins. Bon, rassurez-vous, même pour les seconds, l’exposition reste intéressante. Il s’agit d’une évocation du féminin, mâtiné de fantasmes et d’humour. Pour ce faire l’artiste anglaise s’est servie entre autres de seaux, de parpaings, d’un lave-linge, d’oeufs au plat… On vous laisse découvrir. Dans l’équipe c’est mitigé : sur 6, 3 likes, 3 « j’aime moyen ».

Le « non  jardin »

Fin de la visite en intérieur, on remet les chaussures et cap sur le « non jardin ». Oui, lecteurs attentifs, vous avez bien lu. Il y a des arbres, des essences locales surtout, un peu exotiques aussi, de l’herbe, des cailloux, un potager et de l’art. Mais ce n’est pas un jardin car l’idée créatrice c’est de laisser tranquille la nature, de ne pas la surcharger, de la protéger, et de la sublimer avec des œuvres par-ci par-là. C’est très agréable, surprenant, ressourçant. Un sentier serpente au milieu d’une butte exotique, nous emmène vers un labyrinthe de miroirs esthétique et ludique, puis rejoint une maisonnette qui offre une expérience intéressante. Moi j’ai fait, personne d’autre dans l’équipe ne s’est lancé, de vraies poules mouillées ces flamants roses ! Si au premier abord l’expérience proposée peut sembler déstabilisante, en fait pas du tout.  D’aimables guides accueillent les aventuriers en expliquant de quoi il en retourne et les modalités de l’expérience. Il s’agit une nouvelle fois de se retrouver pieds nus et d’évoluer sur une surface inattendue dans un environnement inhabituel. Ca donne une expérience très douce. A faire ou pas, à vous de choisir (moi je dis que c’est dommage de passer à côté).

Non loin de là, pour se remettre de son émotion sans doute, un troquet de plein air invite le visiteur à se poser en terrasse sous les pins parasols. Avant de quitter la Fondation, ne pas oublier de déambuler dans l’autre partie du « non jardin », l’oliveraie, la forêt et le maquis, avec encore de belles rencontres artistiques.

Notre cheminement prend fin, nous récupérons nos affaires laissées dans les casiers, Alexis et le chien devant le portail, et regagnons le port enthousiasmés chacun de manière différente par cette visite. En bref l’équipe de la Gazette a aimé la beauté du lieu aussi bien intérieur qu’extérieur, l’architecture et les œuvres permanentes (Ciclotrama, Cocacollage, La Chapelle, Nudes ap 14, One hundred fish fountain…).

Une belle idée de sortie à la journée depuis Hyères. Pensez à réserver votre créneau de visite, n’hésitez pas à y aller en famille !

* du 13 avril au 3 novembre 2019

Découvrez l’article : La fondation Carmignac avec les enfants ont tente ou pas???

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Crédit photo : Fred Régine

Rédaction : Aude Flambard

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