C’est au premier étage d’une des jolies et anciennes maisons colorées qui bordent la place Clémenceau que Marie a choisi d’installer son nouveau projet : La Belle Place. Un tiers-lieu de travail où, ni à la maison, ni en entreprise, le travailleur « nomade » s’installe pour la ½ journée, plusieurs jours par mois ou à temps complet dans des bureaux partagés.

Serial entrepreneuse

Marie, 48 ans, est une entrepreneuse née : « c’est dans mon ADN, je viens d’une famille d’entrepreneurs. Cela faisait quelque temps que je n’avais pas « créé » et cela commençait à me manquer». Toulousaine d’origine, Hyéroise depuis 2000, Marie ne trouve pas sa place tout de suite dans le tissu économique local. Besoin de comprendre les codes, de trouver les clés d’un milieu pas forcément très ouvert… «J’avais créé et géré une agence d’événementiel pendant 10 ans à Nice, ici j’ai commencé par renouer avec la voile que j’avais pratiquée en compétition pendant plusieurs années». Après quelques temps passés au fil de l’eau, les affaires reprennent : un poste salarié dans l’accompagnement à la création d’entreprise avec comme lieux de travail Toulon et Nice… en coworking évidemment ! Et quand Marie monte peu après un fond d’investissement pour start-up, pas question non plus de travailler à la maison !

Seulement sur Hyères… Rien…

A l’intuition, en interrogeant son entourage, Marie est convaincue qu’il y a quelque chose à créer dans ce domaine. Alors elle se lance dans le projet de la Belle Place, manière de combiner un besoin professionnel avec des envies personnelles. Ca donne en effet une très belle place de travail, après 5 mois de travaux de grande ampleur. Le Flamant rose s’y est posé une journée entière le vendredi des portes ouvertes, début janvier, quelques jours après l’ouverture du lieu. Il y avait du passage, des amis co-workers, Monsieur le Maire, des gens tentés par l’expérience. Et d’ores et déjà des postes de travail occupés : salariés en télétravail, travailleurs indépendants, entrepreneurs de tous poils, et donc une rédactrice de Gazette en ligne. Marie a pensé à tout pour offrir les meilleures conditions de travail à ses clients : luminosité, décoration cosy, espaces bien délimités, salle de réunion, et même une salle de bain pour ceux qui viendraient bosser en joggant. Mention spéciale aux 2 cafoutches pour les huis clos ou les méridionaux à la voix qui porte au téléphone… On adore l’idée ! La technique n’est pas en reste : prises RG 45, 2 bornes Wifi VDSL On peut monter un film sans problème !

L’évolution fulgurante du co-working

Né dans la Silicon Valley dans les années 2000, le co-working arrive (enfin) à Hyères en 2020. En 2010 21.000 co-workers étaient recensés à travers le monde, en 2018 ils étaient 1.690.000. En région PACA on compte 127 tiers lieux, soit 9 % du parc français*. L’évolution de ce mode de travail est fulgurante et promet de le rester. En 2018, le gouvernement s’est engagé à hauteur de 110 millions d’euros afin de créer 300 nouveaux tiers-lieux de travail sur tout le territoire d’ici 2022. On n’est clairement pas dans un effet de mode, mais plutôt dans une vraie prise en compte des nouveaux rythmes et formes de travail. Le nomadisme des travailleurs, lié au développement du numérique notamment, est entré dans les mœurs aussi bien des entreprises que des pouvoirs publics qui y voient une « opportunité d’avenir pour les territoires »**.

Une dynamique professionnelle insoupçonnée à Hyères

En ce vendredi de portes ouvertes on se dit que Marie avait vu juste : c’est un bouillonnement professionnel et économique insoupçonné à Hyères qui apparaît. Une ébullition stimulante et prometteuse. Ma voisine de bureau, une entrepreneuse dans la cosmétique, a déjà pris un abonnement à plein temps ; devant moi, installée de l’autre côté d’une jolie séparation végétale, Valérie, 47 ans, consultante en intelligence marketing, fréquente les tiers-lieux depuis 5 ans. Elle revient s’installer sur Hyères et se réjouit de l’ouverture de la Belle Place : « mes clients sont partout sauf à Hyères, je peux donc travailler n’importe où. Au début la raison pour laquelle j’ai commencé le co-working, c’était sortir de chez moi. A la maison, on peut vite se laisser distraire, et finalement, on n’a pas d’horaire. Je travaillais la nuit, les week end … En co-working je suis beaucoup plus efficace et quand je rentre chez moi, c’est pour être avec ma famille. » Valérie me parle aussi des bénéfices collatéraux : les échanges avec d’autres professionnels, le réseautage et les liens d’amitié qui peuvent se tisser.

Bilan du Flamant rose après ces quelques heures de co-working : 1 article pour la Gazette, un gros travail abattu pour mon autre job, des rencontres enthousiasmantes dont un très beau prochain sujet pour vous, amis lecteurs. Restez connectés !

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*source Cabinet de conseil international Knight Frank « Zoom sur le co-working en France »
**source Agence nationale de la cohésion des territoires « Etat des lieux du co-working en France »

Par Aude Flambard

Crédit photos : Fred Régine

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